Pensée à la vue d’un homme à la voix chaude et au discours agréable

Je voudrais bien voir cet animal, dont la peau déborde en ce moment d’un col de chemise cravaté, surgir de sous un pull lâche et tranquille, pour ne plus avoir « l’air de » mais « être celui qui ».

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Fil de soie

J’adore cet instant où, écoutant un intellectuel et m’informant sur son passé, une toile de fil de soie forte et délicate se tisse auprès d’autres de mes maîtres.
Je suis sur Kristin Linklater.
Elle reçu son enseignement de la LAMDA.
Le professeur de la LAMDA vint de l’Old Vic où l’on avait fait mûrir un théâtre initié… par Copeau.
Copeau qui a notamment eu pour élève Louis Jouvet.

Petit instant de bonheur…

… Que je vais entacher d’un peu de venin : Je ressens encore la fierté de certain d’avoir réussis à me transmettre le nom de Kristin Linklater, se brandissant en héro de mon savoir si spécifique ; mais je me souviens aussi du dédain au même instant, lorsque je m’appuyais sur Louis Jouvet pour parler de pédagogie théâtrale.

Mais la puissance magique du théâtre m’émerveille bien plus que ces petites tristesses. Je laisse avec fascination les fils de soie supporter le poids de ma joyeuse juvénilité.
Je me sens comme une archéologue qui aurait trouvé un lien direct entre de formidables trésors.
J’aime le théâtre, quel charme merveilleux sur mon âme !

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N’importe où hors du monde, Baudelaire 

« Cette vie est un hôpital où chaque malade est possédé du désir de changer de lit. Celui-ci voudrait souffrir en face du poêle, et celui-là croit qu’il guérirait à côté de la fenêtre.

Il me semble que je serais toujours bien là où je ne suis pas, et cette question de déménagement en est une que je discute sans cesse avec mon âme.
« Dis-moi, mon âme, pauvre âme refroidie, que penserais-tu d’habiter Lisbonne ? Il doit y faire chaud, et tu t’y ragaillardirais comme un lézard. Cette ville est au bord de l’eau ; on dit qu’elle est bâtie en marbre, et que le peuple y a une telle haine du végétal, qu’il arrache tous les arbres. Voilà un paysage selon ton goût ; un paysage fait avec la lumière et le minéral, et le liquide pour les réfléchir ! »
Mon âme ne répond pas.
« Puisque tu aimes tant le repos, avec le spectacle du mouvement, veux-tu venir habiter la Hollande, cette terre béatifiante ? Peut-être te divertiras-tu dans cette contrée dont tu as souvent admiré l’image dans les musées. Que penserais-tu de Rotterdam, toi qui aimes les forêts de mâts, et les navires amarrés au pied des maisons ? »
Mon âme reste muette.
« Batavia te sourirait peut-être davantage ? Nous y trouverions d’ailleurs l’esprit de l’Europe marié à la beauté tropicale. »
Pas un mot. — Mon âme serait-elle morte ?
« En es-tu donc venue à ce point d’engourdissement que tu ne te plaises que dans ton mal ? S’il en est ainsi, fuyons vers les pays qui sont les analogies de la Mort. — Je tiens notre affaire, pauvre âme ! Nous ferons nos malles pour Tornéo. Allons plus loin encore, à l’extrême bout de la Baltique ; encore plus loin de la vie, si c’est possible ; installons-nous au pôle. Là le soleil ne frise qu’obliquement la terre, et les lentes alternatives de la lumière et de la nuit suppriment la variété et augmentent la monotonie, cette moitié du néant. Là, nous pourrons prendre de longs bains de ténèbres, cependant que, pour nous divertir, les aurores boréales nous enverront de temps en temps leurs gerbes roses, comme des reflets d’un feu d’artifice de l’Enfer ! »
Enfin, mon âme fait explosion, et sagement elle me crie : « N’importe où ! n’importe où ! pourvu que ce soit hors de ce monde ! »
Charles Baudelaire

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Primaire 

​Leia devient la princesse préférée de plein de demoiselles qui visiblement étaient déjà modernes avant l’heure. 

Il y a des filles qui sont nées avec une biologie profondément féministe. Impressionnant tout ça.

Moi, entre 5 et 12 ans je ne comprenais rien à la vie. J’ai dû m’instruire et être conditionnée par mon entourage, ma société, mes lectures, mes observations, mon époque pour devenir « moderne » (quoique…). 

Je suis forcément moins légitime : je pourrais retomber à tout moment dans mon métabolisme primaire. 

Faites attention, ne me lisez plus.

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Le grand ciel

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Nouveaux dessins

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Nouveaux dessins sur le blog de Maré 🙂

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Was ist Aufklärung?

« Les Lumières c’est la sortie de l’homme hors de l’état de tutelle dont il est lui-même responsable. L’état de tutelle est l’incapacité de se servir de son entendement sans la conduite d’un autre. On est soi-même responsable de cet état de tutelle quand la cause tient non pas à une insuffisance de l’entendement mais à une insuffisance de la résolution et du courage de s’en servir sans la conduite d’un autre. Sapere aude ! (Aie le courage de savoir ! / Ose savoir !) Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! Telle est la devise des Lumières. » Emmanuel Kant

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